Mercredi 13, matin où l'on parle de piano et de batterie

Inénarrable arrivée du piano mardi au lieu de répétition. Le big truck arrive avec les traditionnelles 2h de retard (et c'est un émeu qui vous parle); il possède autant de roues qu'il y a de religions importantes à Cochin (nouveau jeu concours. Indice: c'est peu)

Perplexité générale: malgré nos craintes annoncées, personne n'a vraiment prévu comment monter la bête au premier où nous répétons. La porte du bas présente 15 cm de marge sur l'épaisseur du piano, grand escalier à angle droit, petit demi-tour, re-porte re-pas large. Une solution s'impose: on câble un micro jusqu'en haut, et on communique en répé par l'interphone.

On appelle Suji à la rescousse. Négociations agitées avec le transporteur qui finit par nous autoriser à renverser le piano à la verticale, tout problème sous notre responsabilité. Toujours sans y croire, mais pour la beauté du scénario -dont dépend la qualité du blog, oui monsieur- nous promettons 500 roupies en échange de quoi l'ingé son réunit 15 personne -ils arrivent en essaim, tous là au bout de 5 minutes, va savoir comment... S'ensuit une scène épique: le piano, englouti sous les efforts conjugués d'une inextricable et Grünenwaldesque foultitude de bras, torses et cuisses, est mu par de virulents appels aux milles divinités locales. Une scène à mi-chemin entre un délire Kusturicien, un rituel d'oumpas-loumpas et des jeux de gorges inuits. Hypnotisés par le spectacle nous n'avons pas compris précisément comment le piano est arrivé en haut. En tous cas il y est. Première répé demain; au grand complet samedi seulement.