Le blog des Emeudroïdes

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samedi 30 septembre 2006

Derniers jours.A la bourre...

vendredi 29 septembre 2006

Par correspondance

Au nom de tous les lecteurs de ce blog, voici un formulaire de commande groupée pour que les Emeus n'oublient rien d'ici leur retour, et surtout pas nous. Veuillez indiquer dans les commentaires les articles qui vous intéressent et la quantité demandée.

  • Chemises indiennes
  • Pantalons indiens
  • Chapeaux indiens
  • Musiciens indiens
  • Epices
  • Recettes de cuisine
  • Indiennes
  • Instruments de musique
  • Morceau de pq dédicacé
  • Trucs en tissu à coller au mur
  • Encens
  • Stupéfiants
  • Autre (préciser)

Les articles commandés seront à retirer lors de l'hénaurme cérémonie organisée à Lyon pour le retour des colons nickelés.

lj.

De la bougie dans l'air


Bon anniversaire Joris

(louije décline toute responsabilité, tant pis pour lui)

mardi 26 septembre 2006

...et des photos

25 septembre

Lundi 25.

Les émeus en classe verte. Ca s'est passé dimanche et lundi. Main dans la main, deux par trois, goûter dans le sac, houppette au vent, chaussure anti-scorpions-de-la-jungle soigneusement lacées ou tongues anti-commentaires-podoeffluvesques-désobligeants (au choix): c'est parti pour deux jours d'aventures folkloriques, guidés par l'hilarant et gesticulant Nixon, ami sourd-muet de Rhum, maquilleur de Katakali de son état.

Le folklore au Kerala, c'est avant tout les transports en commun. On avait déjà eu droit aux Rickshaw (petits taxis à trois roues et le double de passagers) et au bus sauteur: engins de gabarit soviétique qui se jouent des dos-d'âne avec plus d'allégresse que la charrette à Gaston quand il pense à Mlle Jeanne. On a cette fois connu moult autres spécialités locales.

Le bus tire-fesses, dit également arrêt facultatif ou encore Heisse Liebe (private jokes en chaîne: si t'as pas compris c'est tant mieux, ça veut dire que vous êtes plus de quatre à lire ce blog): ce bus ne s'arrête pas à l'arrêt. Tu sautes et si t'es dedans c'est bien. Sinon, c'est comme au ski: tut te laisse traîner jusqu'à "l'arrêt" suivant.

Le bus ambiance tropicale. Il contient autant de personnes que le stade de la Meinau lors d'une affiche telle que Strasbourg/ Châtillon-sur-Seine, mais pour un encombrement beaucoup plus intéressant. A l'intérieur, aucune difficulté pour rester debout, malgré l'allégresse chronique sus-mentionnée: on y tient droit comme une paille dans le jus d'ananas qu'on boit ici. D'ailleurs, sortir du bus donne la sensation de s'extraire d'un fluide épais, tiède et grumeleux.

Il y a le bus macumba night qui sert une soupe R&Bollywoodoïde à feudon, le bus de haute montagne qui va aussi lentement qu'il est ambiance tropicale (combine les avantages s'il est également tire-fesses), le ferry boat des prairies (la proue fendant les étendues de plantes aquatiques qui flottent entre les îles), le train normal (presque normal) et mille autres petites merveilles.

Première destination (celle du tout Cochin le dimanche à la campagne): les chutes de Fliegel. Baignade dans les tourbillons, douchade dans la mousson, brumisade géante en bas des chutes, singes, papagayes, buffles en compétition de c'est-qui-qu'à-la-paire-de-corne-la-plus-invraissemblable, paille dans noix de coco fraîche, rires benêts, peau du ventre bien tendue, merci petit Jésus.

Second épisode: chez le frère de Nixon. La moitié du village y est réunie pour une mystérieuse prière -catholique- dont ce pieux pays à la secret, encadrée par un fantastique riz Biryani et de merveilleuses Porottas, dont cette vicieuse contrée à le secret. Un évangéliste tombe amoureux de Nicalotte. Il le prend par la peau du cou et l'amène à l'étage pour un entretient particulier. On craint durant vingt minute de ne pas le récupérer intact. A l'heure actuelle, la crainte n'est d'ailleurs pas définitivement levée.

Nixon, lui, est un mécréant de premier ordre. Rebondissant sur l'exclamation lyrique et délicate de Clamelehaut: "we have no faith" -le lecteur attentif aura remarqué que, Nixon étant sourd, l'auteur de ce texte est taxable d'interprétation-, il nous utilise pour échapper à la corvée dominicale. Tout content de son mauvais coup, il s'empresse de sortir son paquet de cigarettes (interdite dans la rue ici) et nous finissons dans un bouge immonde en orgie de noix de coco fermentée, bavants et hilare. Trois références célèbres pour vous permettre de vous représenter la schliebel: la scène du banquet dans le mauvais film de Burton la planète des singes; une scène de taverne dans la mauvaise bd Lanfeust; Niquelalinotte et sa bouteille de rhum en coulisse d'un mauvais concert des émeus en salle Kantor.

Quelques magnifiques moments en compagnie de Nixon, sa femme (également sourde et muette) et de leurs deux filles, quelques heures de bus, quelques minutes de visite du "cnsmd local" et quelques heures de bus ont complété cette récréative escapade.

Florent, merci de tes commentaires. On allait justement commencer à les écrire nous même pour rendre le blog un peu plus vivant. En tous cas, le débat abordé atteint ici des sommets d'intensité. (C'est pas tout à fait vrai, mais ça fait une phrase plus jolie)

A bientôt tous.

jeudi 21 septembre 2006

photos suite

21 septembre

Jeudi 21

Scoop!! News, info, nouvelle, révélation, choc, sexe minceur, positions de régime... Il se murmure en milieu autorisé (Coluche -sic) qu'une commission aurait été nommée pour débattre, et se battre, et s'en battre, au sujet d'un amendement des statuts de l'association concernant ni moins ni moins que le changement du nom du groupe. Intox? Assertion, vérité, rumeur, humeur, trompade, prétendade, authenticidade, schliebelade? Va savoir; il ne savent plus quoi inventer pour rendre attrayant ce blog pointilliste.

Vote: si vous êtes pour le changement de nom, tapez dans les mains en remuant les fesses et en chantant ron ron petit patapon. Si vous êtes contre, tapez de la confiture dans le placard et foutez y nous une louchée jusqu'à derrière la luette à notre santé: ça nous manque ici.

Pouah. Ouh, bëërq, vilain, nul, pouah, baeh, wouergue, yark, flichz, pas bien. C'est pas bien de travailler: l'émeu y laisse des plumes et après il lui en manque (mon ami Pierrot) pour raconter des conneries sur ce blog. Nous proposons l'établissement du statut de l'intermittence du blog; on serait soumis à une cotisation de quelques conneries par billets, et on en récupérerait dans les périodes d'intense inactivité.

Des nouvelles de l'Inde? Bon, d'accord. Le Kerala est une région euphémistiquement parlant humide. Les choses moisissent. Hier par exemple, on a pu faire une omelette avec les girolles trouvées sur les anches à Nicoyotte, et les cèpes de dedans les vêtements de Jelulle qu'il avait imprudemment laissés en tas pendant vingt minutes consécutives. On nourrit de bons espoirs quant à la tenue artistique et conceptuelle de l'expo photo because of mycose pelliculaire (cas tastrophique pas encore avéré).

N.B. Important. Réservez dès à présent vos places pour Madhura Sopnam. Avec le nombre de lyonnais qu'on croise à Cochin, on devrait être à guichets fermés avant notre retour. Hier, quatrième rencontre avec des gones inconditionnels de musique carnatique. Fidèles à une technique éprouvée de longue date, on a épelé "emeudroides.com" pour ne pas avoir à le prononcer, ils n'ont pas tiqué, c'est dans la poche.

Port B tout vient, Bord P vous tient, portez-vous bien quoi.

mardi 19 septembre 2006

encore des photos

Des floebbel valent mieux qu'un long Schlaeggel, en voici quelques unes de plus

samedi 16 septembre 2006

Photos

Quelques nouvelles images

Dimanche

Samedi 16, matin

C'est lancé: le rictus se dessine, l'orteil frémit, la narine palpite, le sourcil se dresse, l'aisselle embaume, la tenue du longhi est mise en péril: l'émeu Créé. Ca s'annonce plutôt bien: hier Subramaniam a passé deux longues heures d'effort et de souffrances sur une périlleuse horreur de Jhurles,sans qu'à aucun moment il ne semble formuler le désir d'y foutre la main en travers de la gueule. D'autre part et dans un tout autre registre, Cagette et Jouelisse ont passé deux longues heures d'effort et de souffrances sur une périlleuse horreur de Clame&rote, sans qu'à aucun moment ils ne semblent formuler le désir d'y foutre la main en travers de la gueule. Beignets de banane, papaye, oeufs, thé local préparés par la femme de notre hôte viennent ponctuer ces séances; note fashion: cet été le bourrelet se porte bas. Et bien. Remarque: dans l'espoir de conserver leur femme, aucune image portant sur cette singularité anatomique des dénombrables émeus à femme ne sera montrée sur ce blog.

vendredi 15 septembre 2006

Fiebel

Remarque, ici fliebel signifie flubbel.

Il arrive un evenement desastreux pour la bonne tenue du blog: on commence a repeter. La production de billets doux s'en ressent bigrement. On vous aurait bien servi quelques photos toutes chaudes, juste sorties de l'appareil, mais elles ce sont egarees dans les meandres obscure de la cle usb. Pour tres bientot. Flubbel (signifie ici: j'aime la saucisse de morteau, mais les samosas ne sont pas mal non plus.)

Mercredi 13

Mercredi 13, matin où l'on parle de piano et de batterie

Inénarrable arrivée du piano mardi au lieu de répétition. Le big truck arrive avec les traditionnelles 2h de retard (et c'est un émeu qui vous parle); il possède autant de roues qu'il y a de religions importantes à Cochin (nouveau jeu concours. Indice: c'est peu)

Perplexité générale: malgré nos craintes annoncées, personne n'a vraiment prévu comment monter la bête au premier où nous répétons. La porte du bas présente 15 cm de marge sur l'épaisseur du piano, grand escalier à angle droit, petit demi-tour, re-porte re-pas large. Une solution s'impose: on câble un micro jusqu'en haut, et on communique en répé par l'interphone.

On appelle Suji à la rescousse. Négociations agitées avec le transporteur qui finit par nous autoriser à renverser le piano à la verticale, tout problème sous notre responsabilité. Toujours sans y croire, mais pour la beauté du scénario -dont dépend la qualité du blog, oui monsieur- nous promettons 500 roupies en échange de quoi l'ingé son réunit 15 personne -ils arrivent en essaim, tous là au bout de 5 minutes, va savoir comment... S'ensuit une scène épique: le piano, englouti sous les efforts conjugués d'une inextricable et Grünenwaldesque foultitude de bras, torses et cuisses, est mu par de virulents appels aux milles divinités locales. Une scène à mi-chemin entre un délire Kusturicien, un rituel d'oumpas-loumpas et des jeux de gorges inuits. Hypnotisés par le spectacle nous n'avons pas compris précisément comment le piano est arrivé en haut. En tous cas il y est. Première répé demain; au grand complet samedi seulement.

mercredi 13 septembre 2006

Quelques photos que Joris m'envoie...

Bien incapable de vous en faire le commentaire - elles sont en lien avec le précédent billet - je vous transmets une toute ruhlienne livraison de photos. Les noms de fichiers tiendront lieu de légende.

--lj

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Mardi 12, midi

Calme avant la tempête, corneilles et moustiques eux-mêmes impressionnés par la gravité de la situation : nous avons trouvé un lieu de répétition. Cette après-midi : installation de piano et batterie ; le local est équipé de micros et il y a un ingénieur son. On en a les fesses qui font bravo. Un miracle n'arrive jamais seul : Lamotte vient de ridiculiser Jhululle au trouduc. Ce matin, après le quotidien périple petit-déjeunesque vers le snack /fastfood local -dochas, porottas, iglis, appas remplacent hot dogs, kebabs, steak frites ou muesli (!)- on s'est arrêté dans une boutique de fringues. Le type derrière le comptoir a commencé à sortir des chemises. A la 8e, on a commencé à se disputer les plus jolies. A la 25e ça faisait longtemps qu'on avait oublier de regarder celles du voisin. A la 55e, sensation de nausée qui accompagne toute expérience orgiaque. A la 100e, le type doit nous parler par signe par dessus le monticule coloré. 148e, on a perdu Cagehot. 200e, on est foutu il entame les pantalons et la rumeur circule -mal- qu'il prépare les chemises de soie. Ca y est : on ressemble à des perr(c)oquets. Lundi soir, mémorable bataille livrée par les moustiques. Cochin, le 11 septembre, on s'en souviendra. S'il y aussi peu de chances de tomber sur un porteur du palu que de gagner au loto, il y a tout de même eu 450 tirages chacun hier... Le magnifique concert au Katakali center nous en fait oublier de nous gratter. Khamat est au mridangam ; cette fois c'est fait : à part notre Roméopathe national, on a tous le trac de jouer avec lui/eux. La soirée s'achève par la première sortie enregistrement. Crapauds de compétition, sonate de chiens, flics soupçonneux viendront agiter les tympans délicats de nos auditeurs en novembre.

lundi 11 septembre 2006

dimanche 10 septembre

Lundi 11, au réveil

Remarque scientifique: Ici les vaches sont sacrées. Donc elles mangent homnivoracement dans les caniveaux. Donc leurs bouses présentent un magnétisme étrange sur les pieds de Grosmaishaut.

Remarque: Hier, Niquelalotte est devenu gros. Il a mangé autant que la dynastie nageotienne sur sept générations, avant lui. Indice pour le jeu concours: cela représente en joules, 1,243*10 exposant 8 loyers de l'échoppe de la mère de Suji. Indice 2: c'est pôô vrai, on a pas compté.

Hier, premier déjeuné véritablement traditionnel du Kerala -gros riz rond avec de multiples sauces moultiplement pimentées. Nous avons calculé que si nous mangions dans ce restaurant à hauteur du budget bouffe prévu (6€/jour), la largeur et l'épaisseur de Niclotte dépasseraient sa longueur en 24h chrono. Le scénario d'une série télé est à l'étude sur le sujet.

Rq: les calculs précédents sont invalidés en dernière minute: nous avons remarqué que, nonobstant les invraisemblables rations, le service était à volonté.

Rq: ce blog est à contrainte: nous avons décidé d'y placer 13 fois le terme nonobstant.

Clabotteclabotte a la grippe. Comble de la sédentarité: ce mec ramène même ses maladies de chez lui, alors qu'il y en a de très bien ici. Enfin, pour une fois qu'il n'est pas dedans son assiette.

Erratum: le dernier billet mentionne à propos de la prise de contact avec trois des musiciens locaux: "le courant semble passer. La réalité est plus complexe. Pas mal de froncements de sourcils, toujours pas de salle de répétition, et une communication à la fluidité douteuse de certains cacas que l'on fait ici. En définitive, le courant semble passer.

samedi 10 septembre

Samedi 10 septembre

Aujourd'hui ça n'a pas arrêté; si les journées continuent à être aussi denses, il va effectivement falloir se mettre au niveau indien pour les apports journaliers recommandés: plus question de laisser passer un des quatre ou cinq tours de service qu'on nous propose à chaque repas! Clamotte s'en réjouit, Flacotte, commettant par là une erreur de quelques milliers de kilomètres, compte bien sur le taï-chi pour tenir le coup. Pour commencer, Gros, Françoise et Cageotte (Voui-Voui et Flamelotte étaient de corvée de clarinette, cherchant désesperément de nouveaux joyaux de la culture occidentale destinés à éblouir nos forts patients hôtes par force démonstration de virtuosité: ils étaient aux dernières nouvelles sur la piste de la danse des canards) sont partis en expédition à la rechercher d'instruments quasi-mythiques dans le Kerala: un piano et une batterie. Il n'existe pas de telles choses à Fort-Cochin, et ils se sont donc rendus à Ernakulam. Impression très étrange: autant Fort-Cochin (la vielle ville) peut avoir des allures de village, autant Ernakulam (la nouvelle ville), en apparence, est plus fidèle à l'image que l'on peut se faire des grandes villes du tiers-monde: on arrive par un axe routier au trafic très dense (petit bouchon d'ailleurs d'une demi-heure à l'approche d'une voie ferrée), imposant, bordé de publicités taille empire state building, où chaque poteau électrique ressemble à une sculpture de Buren (rapport aux rayures: quelques centaines de branchements,pirates pour la plupart). Mais dès que l'on quitte cet axe, c'est un réseau de venelles qui apparaît : la route se fait cahoteuse, ce que la mousson a vite fait d'aggraver, devient chemin de terre, puis rapidement, bouffée par les arbres, se métamorphose en banlieue-jungle. C'est là, finalement, que l'on a trouvé le "piano": Clément en a essayé trois; le premier possédait environ cinq touches correctes, le reste sonnait davantage comme un piano préparé cagien, le tout sous les auspices d'un tempérament des plus approximatifs; le deuxième, lui, semblait vouloir se rapprocher des exigences toutes lachenmaniennes d'une musique concrète instrumentale: bruits de bois et de touches...; enfin, car les bonnes choses vont toujours par trois, c'est le dernier qui peut-être pourra servir, nonobstant une semaine de lourdes réparations... Il faut dire que mousson et pianos en plein air ne font pas forcément bon ménage. L'affaire est donc encore à suivre! Mais de batterie, en ce lieu, point: il a donc fallu s'enfoncer plus avant dans la forêt pour trouver l'instrument objet de tous les fantasmes monteiresques. Sur les conseils du marchand de piano, on est donc arrivé en zig-zag (quatre ou cinq arrêts avant de trouver après quel arbre il fallait tourner) chez des particuliers, un peu surpris de prime abord (on croyait à un autre marchand). On grimpe un escalier pour pénétrer dans une sorte de saint des saints de la culture occidentale: la chambre du fils; au mur, posters de catchers/boxers amphés/musculeux, de motos customisées; au pied du lit, une batterie rock débutant dont Gromelo comprend qu'il ne trouvera pas mieux. Sa déception se traduit par un léger frémissement du lobe gauche; Clamon, saisissant l'urgence de la situation, va au secours de l'ami vacillant par quelques paroles réconfortantes: t'as qu'a essayé mon piano si t'es pas jouasse. La bonne humeur se rétablit aussitôt. La famille est prête à louer cette batterie, on réfléchit: affaire à suivre! Passons rapidement sur la fin d'après-midi, mangeage de poissons dans un restaurant touristique, sis sur le port touristique d'un quartier touristique; cher (le prix de 15 repas normaux) mais bon (le goût de 1 repas normal, le piment en moins, la fourchette en plus). On songe à une action en justice: affaire à suivre, on a quand même déjà les amendements trouduc à potasser. La soirée extraordinaire. D'abord dîner cher un des amis du Monteiro, riche notable loueur de taxis, signes ostentatoires de richesse. Le fils cadet est un petit génie: il a 10 ans, il joue déjà de la flûte merveilleusement bien, il nous enchante toute la soirée, accompagné par Roméo au mridangam, ou par son frère aîné aux tablas. Autre beau moment, quand il passe au mridangam (dont il a commencé l'étude il y a seulement quinze jours) pour accompagner ses condisciples qui nous chantent à tour de rôle un raga. Les deux clarinetteux retentent le coup de l'échange culturel, poursuivant sans relâche leur sacerdoce pédagogique: c'est un blues en Ut à deux voix, (magnifique exemple de leur science contrapuntique!), qu'ils proposent à l'assistance: les "effets" instrumentaux semblent recontrer un certain succès. Malheureusement, nous n'avions pas notre enregistreur portable mais nous essayerons d'y penser la prochaine fois (déjà répété quarante-sept fois depuis notre arrivée). Point culminant de la journée, la rencontre avec trois des musiciens du projet en fin de soirée, autour d'un poivre au thé, de bananes atteintes de nanisme précoce, et de deux-trois idées: O.K. Subramaniam (nagasvaram) et Balakrishna Kamath (mridangam) , tous deux professeurs du sus-mentionné prodige, sont là et c'est la première fois que l'on discute avec eux : après des débuts un peu difficile pour nous (il faut dire que, fidèles à nos habitudes, nous sommes arrivés trois bons quarts d'heures en retard), le courant semble passer. Reste à voir si on pourra effectivement se comprendre mieux sur la musique que sur nos anglais respectifs, et si nos recherches pour trouver le lieu d'accueil idéal de nos harmonieuses conversations trouveront un jour leur accomplissement: affaire à suivre... Pas de partie de trou du cul ce soir, à la grande joie de Joris qui retarde ainsi sa longue descente dans les abîmes, jusque là insoupçonnées, de ce jeu.




		

samedi 9 septembre 2006

9 sept

Samedi 9, au réveil

La journée d'hier nous a permis d'élaborer l'hypothèse selon laquelle le premier repas que nous avons fait jeudi était une tentative d'attentat anti-touriste maquillé. Ou un rituel de passage. Ou alors qu'on a plus aucune papille intacte. En tous cas, l'expérience culinaire est définitivement validée, petit dèj' (même repas que les deux autres) y compris.

Ce vendredi a été consacré à la sociabilisation. Première escale dans l'échoppe de la mère de Suji chez qui nous avons eu droit à notre deuxième petit dèj' -ou premir déjeuner, allez savoir. Contact très sympatique, Françoise a tenté quelques clichés avec un temps de pose frisant la seconde, Clamelotte a beaucoup mangé avant de s'exclamer: "It's very famous".

Plus tard dans l'après-midi nous sommes allé voir des amis de Roméo dont le père et le fils jouent de la clarinette. nous avons passé un agréable après-midi prolongé à grand renfort de thés et pâtisseries jusqu'au soir, à dicuter et jouer ensemble. Leurs clarinettes sont injouables. Niclotte leur a offert des anches injouables. (Rq scientifique: leur clarinette sont en ébonite, elles coûtent ici ce que coûte une boîte d'anche en France.) L'échange des cultures c'est beau: ils nous ont appris l'air de "Titanic" et de "le bon, la brute et le truand", nous leur avons montré "Tequila" et la musique de "Arizona Dream". Françoise a tenté quelques clichés avec un temps de pause frisant la minute. Calotte a beaucoup mangé puis n'a rien dit: repu il était.

Le soir nous sommes allé au Katakali Center écouter un concert de musique classique d'Inde du nord. Nous sentons bien que ce séjour se transforme en un stage d'écoute active à portée didactique intégrée à un contexte d'épistémologie directe (Pas d'inquiétude: c'est bientôt la rentrée à la FDCA, on s'échauffe en lançant des mot au hasard. Comme les tongues qui provoquent des ampoules tant que la corne ne s'est pas formée après le gros orteil, ces mots écorchent la bouche et les oreilles quand on en perd l'habitude.)

Enfin, nous avons mangé -pour 40 roupies (80 cents), le cuisinier les a dépensés en carburant pour nous rapporter en scooter le parapluie que Clamone avait oublié.

Journée parachevée par une mémorable partie de trou du cul à la maison. Nous travaillons d'arrache pied à l'établissement de règles de décompte des points. 650 amendements ont déjà été déposés. Nous comptons l'éditer prochainement.

Rq: Les légères tensions qui étaient apparues jeudi en raison de dépenses imprévues ont été fliebel par la confirmation inespérée du soutien financier de l'ambassade de France en Inde.

Rq: ici, fliebel signifie résorbées.

Rq scientifique: la résistance moyenne du visage pâle au port du longhi est ici inversement proportionnelle à la taille de ceux-ci. Ex: 1, 81m: une demi journée 1, 77m un journée 40 cm: deux jours.

Jeux concours: Répondez à la question suivante et gagnez un Nadhasvalayalam et deux baniachhminhanyam (à partir d'une précision de 10%).

Quel est, en euros, le montant du loyer de l'échoppe de la mère de Suji?

Indice: moins.

jours suivants

Vendredi 8 septembre (au réveil -tardif, il est 9h)

Les corneilles grincent, les ventilateurs ventilent, quelques postes de télés crachent la redoutable bande son de quelque émission musicale, une foultitude de choses bruyante bruite. L'Inde bruite, olfacte, moitifie, pète aux yeux et à la bouche et plus car affinités.

Entrée en matière saisissante hier matin, à l'occasion du trajet en taxi de l'aéoroport à Kochin. Grosmélo avait beau nous avoir prévenus, l'inénarrable témérité du chauffeur -et apparemment de quiconque s'aventure sur la route- nous à fait rire jaune et bleu et vert et mauve et jaune et vice et versa. En fait, il semble qu'il s'agît ici de se frayer un passage dans la circulation au klaxon comme on se fraye un passage dans la jungle à la machette. En plus dangereux. Les routes ne sont pas rigides comme en France: elles sont élastiques. Et comme un boa avale un éléphant, la route accueille de front -dans les deux sens indifféremment- un bus, quelques voitures, une demi douzaine de deux roues, et cinq visages très pâles dans un taxi.

Anecdotes: Repas au bouiboui hier soir; avons tous pleuré le piment en tentant de bégayer un "c'est bon" assez convaincu et assez peu convaincant. Gromelo a promis qu'on sera habitués d'ici un mois. Grololo qui nous a tendu hier son premier piège: il nous a tous persuadés de se mettre à la mode vestimentaire locale: le longhi, une pièce de tissu qu'un rudimentaire (ouf) enroulement d'un savant (et merde) coup de main permet d'accrocher sur les hanches. Grandes difficultés toute la journée l'usage des deux mains a été nécessaire en permanence pour éviter un emprisonnement précoce pour attentat à la pudeur. Commentaires compatissants, encourageants ou dubitatifs toute la journée sur notre passage, paroxysme avec le joli succès populaire de jurhles le soir à l'occasion d'un rhabillage intégral sous les yeux attendris d'une trentaine d'autochtones qui n'en demandaient pas tant. Nous avons été accueillis hier par Suji, le chanteur du projet, hyper sympa et vaguement francophone qui nous a invité le soir à assister à une représentation de Katakali. Très impressionant, malgré le prè-visionnage en France d'une vidéo de Groslo, et la fâcheuse tendance qu'avaient nos têtes de tomber en avant de sommeil.

Note scientifique: Ici comme en France, les gens secouent la tête pour dire non. En revanche, ils ne la hochent pas pour dire oui, ils dodelinent. L'axe de rotation de l'encéphale ne traverse pas la tête d'une oreille à l'autre, mais de la nuque au nez.

premiers chapitres

Mercredi 6 sept, dans l'avion. Ca y est, c'est parti. L'écran de visualisation du trajet de l'avion qui n'indique plus depuis longtemps des noms de ville familiers propose en ce moment Gwadar et Nawabshah.

Petit récapitulatif des événements des deux jours passés:

Lundi. suspens insoutenable: Manquent encore à l'appel le passeport de Roméo et le grand flight case dans lequel nous comptons transporter tout ce qui est lourd, encombrant et fragile (c'est à dire tout; nos sept slips mis en commun ne font guère de concurrence à la batterie électronique et autres synthé clarinette basse et matos de prise de son.)

Mardi. moment d'émotion: le flight est bien arrivé et il nous reste une heure d'ouverture du conservatoire pour tout rassembler et peser. Nous développons des trésors d'ingéniosité pour approximer le poids total des bagages avec un paroxysme d'intensité lors de la pesée du flight sur le pèse personne de 20 x 20 cm de Nico: 90 kg. (plus ou moins 15 kg d'incertitude, rapport à la précision du pèse-personne!) Poids des bagages: entre 120 et 150 kg (pour 100 autorisés). A 40 € le kilo supplémentaire, nous lançons une grande opération "kilo en trop".

Mardi soir: le hasard fait pas mal les choses: en feuilletant distraitement les billets d'avions, on tombe sur une clause qui mentionne le refus à l'enregistrement de tout bagage dépassant 32 kg. Que du bonheur: on abandonne batterie et clarinette basse sur place et on fourre tout le reste dans divers sacs de fortune, en redoutant vaguement les réserves que pourraient émettre à l'embarquement notre hôtesse à la vue des trente bagages à main que nous traînerons chacun...

Depuis, rien de croustillant à se mettre sous la dent, si ce n'est le tournevis confisqué à Nico en raison de son faciès inquiétant et un passage déodorant spécial à la hauteur de nos pieds dans l'avion. Etouffant dans les vapeurs olfacticides, Françoise proteste un peu. Mauvaise compréhension de l'agitateur d'aérosol qui s'exclame: "c'est vrai, c'est incroyable comme ça sent des pieds ici". Retorquade de l'élément féminin de l'expédition: "Je préfère encore l'odeur des pieds". Dernier mot pour le bellâtre: "C'est pour assurer des conditions de travail acceptables au personnel." Une enquête est en cours pour déterminer l'origine de cette tragédie diplomatique; à l'heure qu'il est Clément est en tête des sondages.

Nota Bene: Nicolas s'appellera également: Nico, nageotte, cageotte, clapotte, chafouette. Roméo sera également gromelo, montenegro, groslot et mon gros. Clément jappera aux doux noms de Clem, clamotte clapotte (encore?!) calotte. Françoise s'appellera sans doute souvent Françoise. Joris répondra aux doux noms de jrul ou gorul ou encore voui-voui, rapport à son sens inné de la diplomatie.

Spécial dédicace à notre homme "atout faire", Louije, dit également: "celui qui ramène de la tropezienne quand rien ne va plus".

Jeudi, la journée commence dans l'aéroport: 2 paquets de papier toilette font office d'oreiller. Objectif: quelques minutes de sommeil... mais en vain, bien sûr!